1. Peux-tu te présenter rapidement?
Je m’appelle Amélie Montpellier, avocate, et fraîchement associée depuis janvier 2023. Je suis marraine de 2 enfants que j’adore et je suis matante de 13 autres enfants en comptant les enfants de mes amies proches.
2. Explique-nous en quoi consiste ton travail et quel est ton parcours professionnel?
Je fais partie du département de la fiscalité et plus précisément, j’exerce en litige fiscal. J’ai complété en 2011 mon baccalauréat en droit à l’Université de Sherbrooke puis par la suite, réussi les examens du Barreau du Québec en 2012 et je suis devenue membre de l’Ordre du Barreau du Québec en 2014. J’ai développé un intérêt plus marqué pour la fiscalité alors que j’étais auxiliaire de recherche pour un professeur à l’Université de Sherbrooke. Afin de me spécialiser en fiscalité, j’ai complété en 2017 le Programme fondamental d’impôt offert par l’Ordre des CPA du Canada que j’ai décidé de suivre en anglais pour notamment développer mes notions fiscales en anglais.
3. D’un point de vue plus personnel, quels sont tes passe-temps, tes passions?
Je suis épicurienne et assez excessive dans tout ce que j’entreprends. J’adore voyager, passer du temps avec ma famille et mes amis, les musées, les spectacles/théâtres, des sorties dans des restaurants et toujours à la recherche de nouveauté. C’est toujours difficile de choisir ce que je veux manger, alors je suis toujours partante pour partager plein de plats avec ceux qui m’accompagne.
J’adore cuisiner en écoutant de la musique à tue-tête – je ne pense à rien. Je m’inspire de recette en y ajoutant toujours ma petite touche.
Je fais aussi du ski de fond, c’est une activité parfaite pour profiter de l’hiver et se changer les idées durant la saison des impôts. Vive le parc Maisonneuve juste à côté de la maison. Je joue aussi au soccer dans l’équipe d’HNA. À l’époque, avec des collègues HNA, on s’était également parti une équipe de balle-molle. Je suis toujours dans cette équipe, mais les collègues sont devenus d’anciens collègues.
Et pourquoi pas des petits dimanches « spinning » avec des amis en finissant par un brunch?
4. Comment concilies-tu ta carrière, ta vie personnelle, ton bien-être et tes passions? L’équilibre existe-t-il vraiment?
Pour vrai, oui! L’équilibre existe pour moi puisque comme j’indiquais tout à l’heure, je fais tout de façon excessive. C’est all in quand je fais quelque chose. Oui, je travaille fort, mais quand je décide qu’il est l’heure d’arrêter de travailler je suis vraiment capable de décrocher en vaquant à mes occupations. Que ce soit en pratiquant du sport, des voyages, en allant au restaurant, en cuisinant ou en passant simplement un vendredi soir à la maison avec mon conjoint à jouer aux cartes (en voulant absolument gagner par contre). Je profite de ces moments pour vraiment mettre la « switch » à off.
C’est drôle à dire, mais entre le moment en soirée où j’arrête de travailler et ma douche du lendemain matin, qui est souvent révélatrice d’idées géniales pour le travail, je deviens un peu une autre Amélie qui est un peu moins organisée, qui se laisse aller, mais qui décroche vraiment.
5. Dans ton travail / ton mode de vie, qu’est-ce que tu trouves le plus difficile?
Pour moi, réellement, c’est le trop de travail durant certaines périodes achalandées. À ce moment, je deviens un peu désorganisée, je ne sais plus par où commencer. Cela fait en sorte que les choses avancent moins vite et pourtant, c’est dans ces situations qu’il faudrait que je sois hyper organisée, mais bon, pour moi c’est le contraire qui se produit. Pis c’est dans ces situations, que je prends la décision de prendre mes skis et d’aller au parc prendre de l’air, me changer les idées, et revenir plus concentrée et focus.
6. Quel est le meilleur conseil qu’on t’ait donné? Et quel serait celui que tu voudrais donner à une femme qui voudrait se rendre où tu es?
D’être moi-même et de me faire confiance. On a chacune une personnalité forgée par nos expériences du passé.
Oui, c’est possible des fois de faire des détours pour réaliser nos objectifs, mais ce sont ces détours qui nous font comprendre, et parfois réaliser, nos erreurs.
Je suis une personne qui prend sa place, qui communique beaucoup et qui parle fort. On m’a souvent reproché de prendre trop de place, mais avec le temps, ce que j’ai réalisé, c’est que si je m’assure d’avoir un discours qui fait du sens, qui rassemble et qui est enligné avec mes valeurs et celles de mon entreprise, cette voix devient rassembleuse et les collègues adhèrent. Je le vois désormais comme un rôle de leader et un peu la voix de ceux et celles qui sont plus silencieux.
J’aurais le même discours et de recommander aux autres de rester soi-même. Si on doit mettre trop d’effort à vouloir se conformer à un moule ou à une façon d’être que les autres requièrent, on perd notre énergie que l’on ne canalise pas à faire avancer et bouger les autres situations qui nous tiennent à cœur.
7. Selon toi comment définit-on l’égalité des sexes?
Ouf, c’est une bonne question ça. Selon moi, ce n’est certainement pas de mettre en place des quotas pour offrir plus d’emplois à des femmes par exemple. C’est plutôt d’avoir des chances égales de s’épanouir, de prendre soin de sa famille, de travailler et de contribuer comme on le souhaite. Je souhaite que la femme, tout comme l’homme, soient reconnus de façon égale pour ce qu’ils/elles accomplissent.
8. Décris-nous ton style de management et la façon dont tu “diriges” ton/tes équipe(s). Est-il différent de celui de tes homologues masculins?
Je suis très attentive aux réactions verbales et non verbales de mes collègues. Je pense que cela est un peu différent d’une gestion masculine.
J’adapte beaucoup la façon dont je vais présenter le travail, les tâches à accomplir en fonction de mon auditoire, afin de m’assurer que je suis bien comprise. J’essaie toujours de mettre en situation, de donner des exemples. J’indique toujours mes attentes et si elles n’ont pas été rencontrées, je prends un moment pour l’expliquer et m’assurer que la personne comprend bien et essayer d’éviter qu’une situation semblable se reproduise. Ça pourrait paraître dur comme ça, mais ce que mes collègues me disent, c’est qu’ils ont toujours l’heure juste avec moi. À l’inverse, je prends aussi le temps de souligner les bons coups et les réussites.
Je suis une fille d’équipe et je le laisse savoir. Je suis toujours disponible pour aider.
Je laisse aussi, je crois, beaucoup d’autonomie ce qui est toujours apprécié. Je suis une personne qui fait beaucoup confiance parce que je considère que d’avoir pris le temps au début du mandat de bien identifier les enjeux, les délais, ma disponibilité pour de l’aide et mes attentes fait en sorte qu’une relation de confiance s’installe avec mes collègues.
9. Selon toi, quels sont les avantages de la présence de femmes dans les instances
dirigeantes?
Je pense que les femmes soudent davantage les équipes et favorisent l’entraide. On est aussi reconnues comme étant plus méthodiques que les hommes. Il y a aussi peut-être plus d’empathie et elles sont plus exigeantes envers elles.
Toutes ces qualités peuvent se refléter dans la qualité du travail, le leadership démontré, l’avancement des dossiers et la prise de décisions.
Je pense aussi que d’avoir une équipe mixte, donc comprenant des femmes permet d’avoir de plus vastes diversités d’opinions ce qui améliore certainement les décisions prises.
10. Quel est, selon toi, l’obstacle le plus important pour qu’une femme accède à des postes de direction ? Et dans ton cas, quel a été l’obstacle le plus important de ta carrière?
Je pense que c’est la conciliation famille-travail. Le fait de vouloir des enfants va certainement retirer la femme du marché du travail pendant quelques mois, voir quelques années. Je pense qu’ultimement, en comparant les mêmes heures travaillées, un homme et une femme pourront accéder au même rôle, par contre, ce poste risque d’arriver plus tard pour la femme puisqu’elle aura accumulé du retard en raison de son retrait du marché.
Pour ma part, n’ayant pas d’enfant, l’obstacle le plus important à ma carrière a été de me comparer aux autres. Le regard sur moi-même par la suite était difficile et minait mon développement. J’étais tout le temps déçue de ne pas performer comme l’autre, de ne pas avoir les mêmes mandats, d’avoir l’impression de ne pas gagner autant que l’autre, etc. Ça revient un peu à ce que je disais au début, être soi-même est vraiment le meilleur conseil que j’ai reçu et être soi-même signifie d’apprendre à mieux se connaitre, se comparer soi-même aux attentes que l’on se fixe personnellement et ne pas se laisser distraire ou influencer. Quand on se concentre sur soi-même et qu’on arrête de se comparer, l’évolution personnelle est impressionnante.
11. Selon toi, quelles stratégies peuvent être efficaces pour promouvoir une meilleure inclusion des femmes sur les lieux de travail?
Dans un monde où les femmes ont des rôles professionnels plus importants qu’à l’ère de nos mères, il est primordial d’offrir une certaine flexibilité de l’horaire. Il faut adapter le système pour permettre aux femmes de retourner sur le marché du travail lorsqu’elles le souhaitent en s’assurant d’offrir des places en garderie à tous les enfants.
Avoir des exemples à l’interne d’une employée qui a une famille, qui réussit bien et qui trouve un équilibre entre la vie professionnelle et personnelle et adopter à l’interne des comportements et des politiques qui vont en ce sens.
Également, aujourd’hui les femmes occupent une place plus importante quant au support financier de la famille et ça nous prend des moyens de ne pas pénaliser les femmes qui souhaitent avoir des enfants en bonifiant le RQAP ou en mettant en place, via l’employeur, un support monétaire qui pourrait permettre de supporter financièrement durant la maternité. Il faut aussi encourager les hommes à profiter du congé parental.