1. Peux-tu te présenter rapidement
Je me présente, Maryse Bergeron, 40 ans, originaire de Longueuil. Un enfant ordinaire, ne sachant pas trop quoi faire dans la vie à part qu’elle souhaitait une famille. J’étais une élève qui réussissait bien à l’école sans trop d’effort, mais je voulais rapidement me trouver un travail pour fonder une famille alors il était hors de question d’aller au cégep ou à l’université. En plus, je ne savais pas ce que je souhaitais faire comme métier même à 16 ans. J’ai fait alors un DEP en Infographie. Belle expérience, mais sans plus. C’est donc quelques années plus tard que j’ai décidé d’entamer, à travers un travail temps plein, un autre DEP, mais à distance, celui de secrétariat. C’est là que tout a commencé.
2. Explique-nous en quoi consiste ton travail et quel est ton parcours professionnel ?
Je suis arrivée chez HNA (Hardy, Normand & Associés à l’époque) en novembre 2006 comme réceptionniste. J’étais en train de faire un DEP en secrétariat à distance. À travers les années, j’ai réussi à évoluer comme adjointe administrative, superviseure d’équipe et depuis maintenant un peu plus d’un an, directrice du département.
En tant que directrice du soutien administratif, mon rôle est principalement de m’assurer de faire évoluer le département en fonction des objectifs d’affaires et organisationnels du Cabinet. Je planifie, organise, dirige et contrôle les activités administratives et le budget. Je dois collaborer étroitement avec toutes les autres équipes et tous les services de l’organisation.
3. D’un point de vue plus personnel, quels sont tes passe-temps, tes passions ?
Je suis une joueuse de ringuette depuis toujours, c’est mon sport. Je suis chanceuse, j’ai deux filles qui adorent cela aussi, alors j’ai la chance de m’impliquer un peu et de transmettre ma passion. Sinon j’adore occuper mon temps en faisant de la peinture, du scrapbooking ou écouter de bonnes séries télévisées. J’aime bien les voyages, même si je n’ai pratiquement pas voyagé dans ma vie, c’est quelques choses que je souhaite faire de plus en plus. Et que dire des belles soirées de jeu de société entre amis, toujours très agréable.
4. Comment concilies-tu ta carrière, ta vie personnelle, ton bien-être et tes passions? L’équilibre existe-t-il vraiment?
L’équilibre, il existe si tu veux bien qu’il existe. Moi je suis une femme passionnée par mon travail, il me fait grandir, évoluer et me procure une grande satisfaction. Pour réussir à concilier tout cela, tu dois être discipliné et savoir lâcher prise. Accepter que tout ne peut pas être fait comme toi tu l’aurais fait. Je suis une performante dans tout, alors ce n’est vraiment pas facile de lâcher prise, mais cela s’apprend. 😉 Même encore aujourd’hui, ce n’est pas parfait, mais rien ne l’est et c’est une autre chose qui faut accepter. Parfois, il faut savoir que la balance peut pencher un peu plus d’un côté que l’autre, mais cela finit toujours par se balancer au final.
5. Dans ton travail / ton mode de vie, qu’est-ce que tu trouves le plus difficile?
Je te dirai que le plus difficile est la gestion des humains. Pour une femme rationnelle comme moi, c’est un travail quotidien. Analyser, comprendre, rester ouverte d’esprit et sans jugement c’est difficile, mais j’adore cela.
6. Quel est le meilleur conseil qu’on t’ait donné? Et quel serait celui que tu voudrais donner à une femme qui voudrait se rendre où tu es ?
Je dirai de ne jamais te sous-estimer, te battre pour ce que tu veux, toujours donner ton maximum et de te faire confiance. Ces conseils sont bons pour toutes les sphères de ma vie. Pour me rendre où je suis, j’ai dû démontrer aux gens ce que j’étais capable de faire afin que la confiance que j’ai en moi, s’étend aux autres. Tu dois démontrer que tu es impliqué et que ce que tu fais te tient à cœur.
7. Qui est la personne qui t’inspire chaque jour ? Et comment ?
Ma mère. Elle ne se plaint jamais, elle est toujours positive, souriante, impliquée lorsqu’elle fait quelque chose. Elle s’est battue pour différentes raisons durant toute sa vie et cette force m’inspire tous les jours.
8. Selon toi comment définit-on l’égalité des sexes?
Je dirai que pour moi l’égalité des sexes est quand celle-ci n’influence en rien tes droits, tes responsabilités, ton emploi, ton bonheur, etc.
9. Décris-nous ton style de management et la façon dont tu “diriges” ton/tes équipe(s). Est-il différent de celui de tes homologues masculins ?
Mon style de gestion est très ouvert, je suis une gestionnaire énormément à l’écoute qui aime impliquer les gens dans les changements, les décisions, les réflexions, etc. Cela fait en sorte que la personne sent qu’elle peut faire une différence et qu’elle a de la valeur. Les gens s’épanouissent davantage, donc plus heureux au travail.
Je crois que certains gestionnaires masculins sont peut-être un peu plus directifs dans leur approche mais de moins en moins.
10. Selon toi, quels sont les avantages de la présence des femmes dans les instances
dirigeantes ?
Cela amène beaucoup plus d’ouverture, d’inclusion et d’écoute. On dira ce qu’on voudra, le côté maternel des femmes, que ce soit à la maison ou au travail, nous l’avons tous inné et cela fait partie de nous.
11. Quel est, selon toi, l’obstacle le plus important pour qu’une femme accède à des postes de direction ? Et dans ton cas, quel a été l’obstacle le plus important de ta carrière ?
Pour être honnête, je n’en vois pas. Du moins, je n’en vois plus. Dans notre cabinet, nous avons 52% de femme occupant un poste de directeur adjoint jusqu’à associée. Cela veut tout dire. Pour moi, l’obstacle le plus important dans ma carrière était plus les perceptions. Comment une « secrétaire » peut penser obtenir un poste de gestionnaire dans sa carrière. Cela m’a motivé.
12. Selon toi, quelles stratégies peuvent être efficaces pour promouvoir une meilleure inclusion des femmes sur les lieux de travail ?
Une entreprise ayant déjà un bon nombre de postes de direction occupés par des femmes est déjà une belle démonstration qu’elle encourage l’inclusion des femmes dans ce type de poste et promouvoir une rémunération équitable. Encourager les femmes à suivre des formations en gestion ou autres qui peuvent aider à mener vers ce type de poste.